Evelyne Bissone Jeufroy
Coaching - Thérapies brèves - Psychogénéalogie
Evelyne Bissone Jeufroy
Coaching - Thérapies brèves - Psychogénéalogie
"Donnez-vous quatres plaisirs au quotidien" - La tribune de Genève - 3 mars 2009 - Evelyne Bissone Jeufroy - Coach, Psychologue, Psychogénéalogie, Graphologue

Langue Español 
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"Quatre plaisirs par jour, au minimum !" est publié en roumain, italien, espagnol et coréen.
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"Donnez-vous vos quatre plaisirs quotidiens"

Comment apprendre à savourer les petits riens qui rendent la vie belle.

Propos recueillis par Estelle Lucien

 

Tribune de Genève - 3 mars 2009
Egoïste le plaisir d'un bain bouillonant ? Non, être bien avec soi-même permet aussi d'être mieux avec les autres. (Charles Ellena)
Pourquoi bouder son plaisir? C’est si bon pour la santé. C’est du moins ce qu’affirme Evelyne Bissone Jeufroy, psychologue, coach et auteur de Quatre plaisirs par jour, au minimum! Les bienfaits du plaisir sur le corps et l’esprit, paru chez Payot. «Le plaisir qui fait vivre est celui que l’on prend le temps de savourer et qui est souvent fait de choses simples», écrit-elle en introduction de son ouvrage.

Mais au fait, le plaisir, c’est quoi? «C’est plus facile de le définir parce qu’il n’est pas», convient Evelyne Bissone Jeufroy. Il ne faut pas le confondre avec une dépendance qui va procurer une satisfaction brève et passagère, comme l’alcool, la drogue, la frénésie d’achats ou la consommation compulsive d’aliments.


Petits plaisirs

Vingt-trois petits bonheurs du quotidien recueillis à la volée :

  • Démarrer la journée par un café bien chaud,
  • M'amuser avec mes chats,
  • Entendre la voix de ma femme/mon mari au téléphone,
  • Me promener dans la forêt quand il pleut,
  • Les petits messages que m'envoie ma soeur/mon frère le matin,
  • Marcher dans la neige fraïche,
  • M'endormir dans les bras de mon mari/ma femme,
  • Mon premier verre d'eau le matin,
  • Boire un thé bouillant, "chez moi, sous un plaid, t'es au chaud, t'es bien",
«Ce genre de plaisir pulsionnel ne va pas nourrir l’âme ni l’être. » Et la psychologue de préciser: «Le plaisir ne répond pas à une exigence; il n’est pas dans le faire et n’a rien à voir avec la volonté, mais il est l’écho de la manière dont nous avons su jouir de l’instant présent. Il se situe dans l’être. »

Un plaisir sain ne doit pas répondre à une frustration. Il ne peut constituer une fuite ni une compensation. «Le plaisir est bienfaiteur s’il est associé à une valeur de la vie. S’il offre un calme intérieur, qui nous permette d’être en communion avec soi, avec l’autre et avec l’environnement. C’est presque un concept écologique!» lance Evelyne Bissone Jeufroy. Dit comme ça, tout a l’air simple. Et pourtant, lorsque la psychologue demande à ses patients de lister au moins trente plaisirs, «ils ont beaucoup de difficultés», remarque-t-elle.

 

Les obstacles au plaisir

Petits plaisirs (suite)

  • Courir sur des feuilles mortes gelées, ça fait crunch,
  • Partager des rires avec des proches,
  • Manger un petit carré de chocolat noir,
  • Couper le contact de ma voiture quand j'arrive chez moi après le travail,
  • Emincer des légumes avec un couteau bien aiguisé et en faire de fines lamelles,
  • Prendre l'apéro le vendredi avec ma femme/mon mari,
  • Jardiner,
  • Enlever mes chaussures de ski,
  • Manger une tarte aux fruits,
  • Petit-déjeuner au lit en lisant les journaux,
  • Un bain moussant,
  • Plonger dans un livre de Christian Bobin,
  • Une tarte au citron avec un café,
  • Marcher dans les vagues.

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En effet, sur sa route, le plaisir rencontre moult obstacles. Le plaisir, il est toujours pour les autres. «Nous avons été dressés, depuis notre enfance, et surtout nous les femmes, à nous méfier des plaisirs, à rendre service, à nous effacer devant autrui (…) sans voir les conséquences psychosomatiques qui risquent d’en découler lorsqu’on oublie son corps, son esprit et ses besoins primaires, vitaux», précise l’auteure de Quatre plaisirs par jour.

Un sentiment de culpabilité, avec un petit fond de honte, envahit ceux et celles qui s’offrent du bon temps alors que d’autres triment et trinquent. «Mais en fait, on constate qu’être bien avec soi-même c’est être mieux aussi avec les autres. »

Autre limite au plaisir personnel, la tendance qu’ont certaines personnes à fonctionner sur le mode de la victime qui aime à se faire plaindre pour exister. «Si quelque chose d’heureux survient dans leur vie, elles imaginent qu’elles ne sont plus rien. Elles préfèrent susciter la pitié plutôt que la bienveillance. »

Le perfectionniste, lui aussi, boude facilement son plaisir. «Il est tout le temps dans la frustration de ce qu’il n’a pas pu atteindre. Il perd l’estime de soi, il n’est jamais content, il devient aigri, il se décourage souvent pensant toujours que les autres font mieux que lui. On est très très loin du plaisir», confirme la coach.

On le voit, l’accès aux petits bonheurs simples du quotidien n’est pas la chose la plus aisée qui soit. L’admettre c’est déjà faire le premier pas. Le deuxième étant de s’y mettre, concrètement. «On établit d’abord une liste de 25 à 30 plaisirs personnels dans lesquels on puisera ensuite ses quatre plaisirs par jour au minimum (on peut bien entendu s’en offrir dix ou vingt, ou plus encore). En pensant aux questions: quand, où et avec qui les réaliser», conseille la psychologue.

Trente plaisirs, c’est beaucoup. «Il faut être créatif, concède Evelyne Bissone Jeufroy. Cela demande également une petite introspection, afin de réfléchir sur les habitudes qui agissent contre le plaisir. » La liste de vos trente petites folies accrochée sur la porte du frigo, et hop! Il s’agit enfin de passer de l’intention à l’action. «L’important, pour que le bénéfice soit réel, est d’être conscient et en éveil. »

 

Bénéfices et risques

Justement, quel bénéfice tirer de ce culte du plaisir? «En cas de stress et de maladie, se faire plaisir augmente nos défenses immunitaires», explique la thérapeute. Vivre son bien-être est un moyen de s’ancrer dans le présent. «Vivre l’instant présent diminue particulièrement la souffrance occasionnée par le mental qui se place, lui, uniquement dans le passé ou le futur», écrit encore Evelyne Bissone Jeufroy.

Mais se faire plaisir à tout bout de champ, n’est-ce pas friser avec l’égoïsme? «Il ne faut pas confondre un égoïsme narcissique, qui fait vivre l’individu en circuit fermé (…), avec le fait de prendre soin de soi, ce qui nous ressource en énergie et en vitalité, afin de pouvoir ensuite aider autrui avec joie et allant. »